Le rêve américain : une comédie simple qui fonctionne

Un film sans grandes idées peut malgré tout être un bon film. Le rêve américain d’Anthony Marciano ne prétend pas révolutionner le cinéma. Il raconte une success story sous la forme d’un buddy movie comme on en voit souvent aux États-Unis.

C’est New-York baby !

Jeremy et Bouna – Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadie – se rencontrent sur un terrain de basket et décident de monter une agence destinée à envoyer des joueurs européens en NBA. En évitant certains pièges évidents, le réalisateur de Play livre finalement une comédie bien plus sympathique que ce à quoi l’on pouvait s’attendre.

Une réalisation simple mais efficace

Marciano ne cherche pas à faire du grand cinéma. Pas de démonstration formelle ni d’effets inutiles, mais un vrai sens du rythme comique.

Plutôt que d’enchaîner les blagues pour toucher tous les spectateurs – ce qui est devenu la norme dans beaucoup de comédies françaises – il préfère en placer moins, mais mieux. Et la plupart font mouche.

C’est d’ailleurs l’une des grandes forces du film : son montage.
Avec près de deux heures au compteur, Le rêve américain aurait pu sembler long pour une comédie. Pourtant, grâce à ce rythme bien installé, le film passe étonnamment vite. Ce tempo tient autant au montage qu’à l’écriture du scénario.

Le rêve américain… pas si américain

Le biopic est un genre souvent lourd à porter. Il oscille régulièrement entre récit hagiographique et success story triomphante. Ici, Marciano évite ces deux écueils.

Oui, l’histoire est celle d’une réussite. Mais les deux personnages ne doivent pas leur parcours uniquement à leur talent. Ils prennent des risques financiers considérables et doivent beaucoup au soutien de la femme de Bouna, qui les aide à tenir malgré les difficultés.

Sans leurs femmes mais ils galèrent

Sans elle, rien n’aurait probablement été possible. Et cette présence change subtilement la dynamique du film : on n’est plus seulement face à deux hommes qui galèrent avant de réussir, mais face à une aventure collective.

Des acteurs à contre-emploi

Le film repose en grande partie sur son duo principal, et Marciano a eu la bonne idée de jouer avec l’image de ses acteurs.

Raphaël Quenard, que l’on a l’habitude de voir dans des rôles très expansifs, devient ici le personnage en retrait.
À l’inverse, Jean-Pascal Zadie, souvent plus imprévisible ou débordé par les événements, incarne celui qui mène les discussions et construit la stratégie.

Nous devant le film

Ce décalage apporte une vraie fraîcheur. On a presque l’impression de découvrir les deux acteurs sous un nouveau jour. Quenard, très présent au cinéma ces dernières années, signe même sans doute sa meilleure prestation depuis Les chiens de la casse.

C’est en grande partie grâce à cette inversion que le duo fonctionne aussi bien.

Anthony Marciano n’invente rien avec Le rêve américain. Mais il signe une comédie efficace, portée par deux acteurs au sommet de leur forme. Au-delà de la success story, le film retient surtout l’attention par le rôle essentiel joué par les femmes dans la réussite des personnages — un détail qui change légèrement des codes habituels du genre. Et, mine de rien, ça fait du bien.

Note : 7/10

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