
Vous pensez que la comédie populaire française est morte ? Bien qu’elle soit maintenue par respirateur artificiel avec un nombre d’entrées qui se maintient à peu près. La qualité des films se dégrade d’année en année, enfin.. En tout cas la qualité de l’humour et des blagues qui n’est déjà pas exceptionnel, devient d’une redondance qui fait que l’on a l’impression de voir 15 fois le même film tous les ans.
Et là comme une vague d’espoir, un vent de fraîcheur, un oasis dans ce cinéma désertique, arrive Martin Jauvat, qui nous avait déjà réjouis avec Grand Paris, une comédie drôle, très enthousiasmante, sur la “banlieue invisible”, tournée avec un budget de court métrage.
Il revient en salle avec Baise-en-ville avec l’intention de mettre Chelles, sa ville natale, sur la carte du cinéma français.
Quand on pense film sur la banlieue, on imagine La Haine, Les misérables ou autres Athena. Martin Jauvat assume complètement un autre vision de la banlieue, beaucoup plus américaine, une banlieu aisée, avec des problèmes différents, une banlieue pavillonnaire comme on peut la voir dans The Truman Show (film que le réalisateur a présenté à “Cinémathèque idéale des banlieues du monde” en 2022) et qui a certainement inspiré jauvat dans la création de son décors très fictif, ville vide, on y croise toujours les même personnes à la même heure, même l’image très seventies dans une histoire contemporaine participe à créer cette ambiance.
Et toute cette ambiance mise en scène est déjà le premier gros point positif de ce film. Il nous emmène complètement dans son univers et si l’on peut être dubitatifs quand la projection commence, plus le film avance, plus on a envie de le suivre.
Cette ambiance est parfaitement couplée à la réalisation, qui en plus de servir l’harmonie du film, sert aussi très bien son propos, le réalisateur joue volontairement avec certains effets kitsch qui sont quasiment devenus interdits au cinéma pour servir le pouvoir comique du film.
Mais s’ il faut lui trouver un point négatif, c’est bien celui là, si l’humour garde une certaine fraîcheur, il l’est moins que dans son premier film grand paris, pour devenir un peu plus consensuel. Ce qui n’est pas forcément un énorme défaut, si l’on veut le public le plus large possible, il faut des fois savoir le faire. Seulement, le fait de suivre ce chemin fait de Baise-en-ville un film moins impertinent, et que l’on ne savoure pas comme le bonbon qu’était Grand Paris.
Toute l’intrigue tourne autour d’une bonde de baignoire que la mère de Sprite lui a confisquée pour qu’il ne prenne plus de bains et qu’il se bouge. Ce qui fait entrer le personnage dans un paradoxe, pour travailler il a besoin du permis de conduire et pour passer le permis, il a besoin de travailler.
Martin Jauvat n’est pas seulement Réalisateur mais joue aussi le premier rôle de son de son film, il a une vraie force comique et a su s’entourer d’acteurs formidable qui servent tous le film a merveille, William Lebghil et Emmanuelle Bercot sont vraiment incroyable mais Sébastien Chassagne crée un duo avec Jauvat qui est vraiment hilarant.
On y voit aussi quelqu’un que l’on a plus l’habitude de voir de l’autre coté de la caméra, Michel Hazanavicius, qui nous prouve que son talent pour la comédie ne se limite pas à l’écriture et à la réalisation.
Baise-en-ville est un film très enthousiasmant qui, s’il a quelques défauts, place clairement Martin Jauvat comme un réalisateur de comédies à suivre. Dans ce paysage un peu morose, ce film remplit sa tâche principale avec brio, il nous fait rire et vous sortirez de la salle de cinéma en étant sûr d’une chose, vous aurez vu un film que vous n’aviez jamais vu avant.
Note 7/10