Cold Storage : même la série B mérite un minimum d’idées

On n’attendait pas un grand film en allant voir Cold Storage. Mais avec David Koepp au scénario – le scénariste de Jurassic Park – on pouvait espérer au moins une série B efficace, un bon divertissement.

Dès les premières minutes, le doute s’installe. Puis très vite, il disparaît, on sait que la séance va être longue, mais il va falloir rester pour la science. 

Attention le méchant arrive !

Une narration confuse et répétitive

Le film débute au début des années 2000 avant de basculer en 2026, sans que rien ne distingue réellement les temporalités. Ni les personnages, ni l’ambiance, ni même la photographie ne permettent de comprendre où l’on se situe. Ce qui devrait être un jeu de structure devient simplement confus.

L’intrigue tient pourtant en quelques lignes, une capsule issue de la station Skylab survit à son crash en 1979. Des années plus tard, une fissure libère un champignon hautement contagieux capable de prendre le contrôle des humains pour les faire exploser et se propager. On connaît l’idée, ça ressemble beaucoup à The Last of us, mais pourquoi pas, dans une comédie horrifique, c’était prometteur

Mais le film ne fait aucune confiance à son spectateur. Chaque information est répétée, expliquée, réexpliquée, surlignée, martelée. Au cas où l’on aurait cligné des yeux. Puis confirmée. Puis reformulée. Puis confirmée encore une fois, pour être vraiment sûr. Cette lourdeur scénaristique devient rapidement épuisante.

Les ellipses s’enchaînent sans logique – trois sauts temporels en moins de six minutes – jusqu’à ce que l’ancien site militaire dans lequel était stocké le fameux champignon ne devienne un banal centre de self storage. C’est sûrement la seule bonne idée du film, qui n’est absolument pas exploitée, mais ça restait une bonne idée.

Un décor sans mise en scène

Un self storage labyrinthique infesté d’un parasite explosif, sur le papier, le potentiel est immense. Couloirs étroits, angles morts, échos métalliques, obscurité, résonances, labyrinthe… Tout est réuni pour créer une tension spatiale et sonore.

Rien n’en est fait.

La caméra reste plate, fonctionnelle, sans point de vue. Les personnages évoluent dans un décor qui pourrait être remplacé par n’importe quel autre espace clos. Aucune utilisation du labyrinthe, aucun jeu avec la géographie des lieux, aucune construction de suspense par le cadre. Même l’ambiance sonore, qui aurait pu devenir un atout majeur, est laissée à l’abandon.

Une satire sans subtilité

On se retrouve avec un nouvelle critique de la gestion du réchauffement climatique très peu inspiré, un running gag sur le fait que l’administration américaine ne fonctionne pas, mais il n’y a tellement peu de subtilité que ça en devient très lourd – je vous dis ça en étant très sensible à ce genre de propos, qui souvent suffit à me faire apprécier un film moyen. 

Quel laideur… J’ai pas les mots…

Les performances n’aident pas. Malgré la présence de Liam Neeson et Joe Keery, le jeu oscille entre le mécanique et le caricatural. Les effets visuels, notamment sur les visages contaminés, rappellent davantage certaines séries télévisées des années 90 que le cinéma de genre contemporain.

À force d’accumuler les clichés, les incohérences et les maladresses, Cold Storage se rapproche davantage du nanar que de la série B maîtrisée qu’il aurait pu être. On pensait assister à un croisement entre The Last of Us et Lollipop Chainsaw. On obtient un divertissement ni effrayant, ni drôle, simplement poussif.

Cold Storage n’est pas un désastre total. C’est pire, c’est un film sans idée, sans tension, sans singularité. Peut-être deviendra-t-il, avec le temps, un nanar que l’on regardera entre amis pour en rire. Mais en l’état, il n’est qu’une accumulation de clichés mal exploités.

Avec Cold Storage, réalisé par Jonny Campbell et écrit par David Koepp, la comédie horrifique avait tout pour devenir une série B efficace. Entre parasite extraterrestre, centre de self storage labyrinthique et satire écologique, le potentiel était réel. Mais faute de mise en scène, de subtilité et de tension, le film s’enlise dans la répétition et les clichés. Même avec Liam Neeson et Joe Keery à l’affiche, Cold Storage ne réussit ni à faire rire ni à faire peur – ce qui est tout de même l’essentiel pour une comédie horrifique.

Note : 3/10

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